Un Plan fédéral de lutte contre la pauvreté, c’est quoi ?
Une loi adoptée le 9 octobre 2023 oblige tout nouveau gouvernement fédéral à adopter un plan dans les 12 mois après son installation. Ce plan doit contenir les mesures que chaque ministre s’engage à prendre pour réduire la pauvreté et les inégalités au cours de son mandat.
La loi prévoit aussi :
La coordination de l’écriture, de la mise en œuvre et de l’évaluation du plan est la responsabilité du ministre ou secrétaire d’Etat fédéral en charge de la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Avant que la loi de 2023 en fasse une obligation, quatre gouvernements avaient pris l’initiative de constituer un plan.

Participation des premières et premiers concerné.es
Le texte de 2023 consacre la dimension participative que devront revêtir les futurs plans : « des actions ciblées doivent être menées dans les différents domaines et niveaux politiques sur la base d’un partenariat entre tous les acteurs concernés, notamment les personnes en situation de pauvreté ».
BAPN, pour qui la participation des personnes confrontées à la pauvreté et la valorisation de leur expertise constituent la pierre angulaire de toute initiative, se réjouit de cette approche. Une politique à la fois juste et efficace exige en effet que, dès les premières phases d’une prise de décision ou de réforme, les décideurs recherchent et s’adressent au groupe social concerné et entament un dialogue avec lui à ce sujet. Il s’agit là non seulement d’une garantie démocratique, mais également d’efficacité, puisqu’il a été démontré que la participation conduit à des solutions structurelles efficientes.
La pauvreté forme un obstacle majeur à l’intégration de ceux qui la vivent dans les organes de décision classiques. Par manque caractérisé de ressources financières, de diplôme jugé adéquat, de maîtrise de la langue, d’espace mental, les populations précaires n’accèdent qu’exceptionnellement aux cénacles politiques et aux lieux d’influence. Les syndicats défendent les travailleurs, les ordres font valoir l’intérêt des professions, les fédérations portent la voix des employeurs... Dans cet écosystème politique, BAPN et ses quatre réseaux-membres régionaux s’attellent à organiser la prise de parole et la défense des droits des personnes précarisées, un groupe éloigné des canaux traditionnels de participation citoyenne.
Le groupe GPS, c’est quoi ?
Pour BAPN, il est important que les personnes en situation de pauvreté ne soient pas seulement représentées par notre organisation, mais qu'il y ait aussi l'espace nécessaire au sein du Plan fédéral pour leur participation directe. C’est pourquoi un groupe de personnes ayant un vécu en pauvreté a été constitué à l’automne 2024 à cet intention. Ce groupe a très rapidement été rebaptisé « Groupe GPS », d’après une métaphore proposée par un membre du groupe :
« Les décideurs sont au volant de notre société, ce sont eux qui choisissent la direction qu’elle va prendre, vers quelle destination finale on se rend. Mais pour emprunter le meilleur chemin, il faut un bon GPS. Si tu veux atteindre l’éradication de la pauvreté, tu as tout intérêt à utiliser l’expertise de ceux qui l’ont vécue de l’intérieur comme GPS. Les premiers concernés connaissent l’itinéraire, ils savent où se trouvent les nids-de-poule, les raccourcis et le cul-de-sac. Nous voulons rentrer en dialogue direct avec le ministre pour apporter notre expertise comme un GPS pour ses travaux. »
Le groupe GPS est composé de personnes ayant un vécu en pauvreté provenant de Wallonie, Bruxelles et Flandre. La plupart sont actives au sein des associations ou des réseaux régionaux membres de BAPN (Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, Le Forum – Bruxelles contre les inégalités, Brussels Platform Armoede et Netwerk tegen Armoede). Toutes mobilisent à la fois leur propre expérience et celles récoltées auprès d’autres personnes vivant dans la précarité pour réfléchir aux causes de la pauvreté et aux solutions possibles. Certaines personnes se joignent à une séance de travail spécifique selon leur expérience ou leur intérêt, d’autres participent à l’ensemble du trajet depuis le début de la création du groupe.
Le groupe GPS est un projet réalisé avec le soutien du SPP Intégration sociale, de la Fondation Roi Baudouin et de la Loterie Nationale.