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Réaction du Belgian Anti-Poverty Network (BAPN) et du Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH) aux recommandations de la Commission européenne à la Belgique

Les personnes en situation de pauvreté, de maladie et de handicap vont-elles payer le prix de la crise COVID 19 ?

Nous sommes aujourd'hui confrontés à une pandémie mondiale. Bien que l'ampleur de cette crise ne soit pas encore claire, nous savons que la diffusion du coronavirus et les mesures de confinement auront un impact sans précédent sur le niveau socio-économique et en particulier sur les personnes en situation de pauvreté et les groupes vulnérables. Même avant le déclenchement de la crise COVID 19, plus de 1,8 million de personnes, soit 16,4% de la population belge, vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Ce chiffre était déjà le plus élevé depuis le début du monitoring systématique dans notre pays. Avant la crise sanitaire actuelle, un grand groupe (25,3 % !) n'avait pas non plus de budget pour des dépenses imprévues. Maintenant que pendant la crise, non seulement le revenu de certaines familles a baissé, mais aussi le coût de la vie a augmenté, il ne devrait pas nous étonner que les ménages financièrement vulnérables risquent de sombrer complètement. Nous saluons le fait que la Commission européenne ait choisi de concentrer ses recommandations spécifiques par pays entièrement sur la lutte contre la crise COVID 19. Cependant, nous sommes surpris que la Commission semble considérer cette crise comme purement économique. Nulle part dans les recommandations adressées à la Belgique, il n'est conseillé ou recommandé de prendre des mesures pour lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales. Nous craignons que sans une politique décisive en matière de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, les personnes en situation de pauvreté et les groupes vulnérables devront payer le prix le plus élevé de la crise.

Le BAPN et le CSNPH ont analysé les recommandations faites par la Commission européenne à la Belgique. Compte tenu de l'absence de mesures sociales, ils ont également élaboré leurs recommandations alternatives. Ces deux éléments figurent dans leur réaction commune aux recommandations spécifiques adressées à la Belgique.